03/10/2017

Le repreneuriat, une alternative à la création d'entreprises ?

Le repreneuriat, une alternative à la création d'entreprises ?

La transmission d’entreprises est l’un des principaux défis des pays européens au niveau économique. Le nombre d’entreprises à remettre augmentera de manière significative ces 10 prochaines années, notamment en Région bruxelloise. De nombreuses opportunités s'ouvriront ainsi aux acquéreurs potentiels. Mais le repreneuriat est-il réellement un choix gagnant ?

D’après les chiffres de l'UCM, la part des indépendants âgés de 55 ans et plus était de 22% à Bruxelles en 2015. De plus, 53% envisagent la transmission dans moins de 5 ans.

Une possibilité pour ces entrepreneurs est de céder leur entreprise à un membre de leur famille. Mais ce type de transmission n’est pas toujours garanti. Les enfants, qui sont le plus souvent sollicités, n’ont pas toujours envie de suivre les traces de leurs parents… Et c’est de plus en plus le cas : ces dernières années, le pourcentage de transmissions familiales (par rapport au nombre total de transmissions) est clairement en diminution.

Il y aura donc dans un futur proche un nombre important de patrons d'entreprises cherchant à revendre leur « bébé » en dehors du cercle familial.

D'où l'opportunité pour les personnes désireuses de lancer leur propre affaire d’envisager la question du « repreneuriat » (terme utilisé pour désigner le fait de reprendre une activité existante).

Il est important de noter que la transmission d'une entreprise peut, juridiquement, se faire de deux façons fondamentalement différentes :

  • par la cession des parts d'une société
  • par la cession du « fonds de commerce , c’est-à-dire d'un ensemble d’actifs, matériels ou non.

Nous considérons ici que nous sommes dans le cas d'une cession de parts. Ceci dit, la plupart des points abordés sont également applicables à une cession de fonds de commerce.

Par rapport à l’entrepreneuriat classique, le repreneuriat bénéficie de certains d'atouts mais comporte aussi des risques potentiels. Nous vous présentons ici quatre avantages et quatre inconvénients à prendre en considération au moment de faire son choix.

Avantages

1. Une structure déjà existante

Lorsque l’on créée une nouvelle entreprise, on part d’une page blanche. Et il faut généralement des années de dur labeur pour que celle-ci ressemble à ce que l'on avait imaginé au départ !

A contrario, le fait de racheter une entreprise permet de disposer directement d’une structure opérationnelle. Le repreneur échappe donc à cette délicate phase de création, souvent très chronophage et énergivore.

Par structure existante, on entend :

  • De l’infrastructure (bâtiments, matériel informatique, mobilier, machines,…) ;
  • Des clients, fournisseurs, partenaires (financiers notamment) déjà établis. Le repreneur peut directement bénéficier de ce réseau.
  • Des salariés déjà formés et opérationnels

Pour parler simplement, l’entreprise « tourne » déjà, avec pour effet immédiat que l’entrepreneur peut se rétribuer dès la reprise de l’activité. Un avantage majeur lorsque l’on sait que certains créateurs d’entreprise doivent parfois attendre plusieurs années avant de pouvoir se verser un salaire digne de ce nom !

2. Un accompagnement par le cédant

Le cédant peut apporter énormément à son successeur. Puisqu’il est souvent à l'origine de la création de la société, il y est profondément attaché et il se réjouira de pouvoir prodiguer des conseils au repreneur afin que l’entreprise qu’il a autrefois dirigée puisse continuer à perdurer.

Cet accompagnement est souvent formalisé par écrit dans la convention de cession (durée de l’accompagnement, missions, rémunération éventuelle…)

Il s'avère généralement très utile pour le repreneur de discuter avec les salariés en place depuis longtemps, qui connaissent bien l’historique de leur entreprise et l’écosystème dans lequel celle-ci évolue.

3. Des facilités pour trouver un financement externe

Bien souvent, l’entreprise existante bénéficie d’une certaine pérennité et génère plus de bénéfices qu’à ses débuts. Les banques ont dès lors plus facilement tendance à lui accorder un prêt.

Les organismes de crédit peuvent disposer des chiffres comptables des années précédentes et évaluer la santé financière de l’entreprise. Cela leur permet de déterminer le « risque de crédit ».

Les investisseurs privés de type « business angels » seront également plus enclins à investir dans une entreprise qui a déjà fait ses preuves sur le marché et dont la notoriété est établie.

4. Des statistiques

Dans toutes les études belges sur le sujet, la même conclusion s'impose : le pourcentage d’entreprises reprises encore existantes après 3 ans est supérieur à celui appliqué aux entreprises créées. Autrement dit, vous aurez plus de chances de pérenniser votre activité si vous en reprenez une que si vous la créez !

Inconvénients

1. Gérer le passage de témoin

Si le repreneur a l’avantage de disposer d’un personnel déjà en place et d’éviter les tracasseries des premiers engagements, il devra gagner la confiance de ce personnel et être capable de lui transmettre sa vision. Il est important dès les premiers jours dans l’entreprise de veiller à nouer d'excellentes relations avec les salariés. Si cette confiance n’est pas gagnée rapidement et que sa vision n'est pas partagée, il y a un risque qu’elles ne le soient jamais, et cela peut engendrer des conséquences désastreuses sur le fonctionnement de l'entreprise.

Pour ce qui est des clients, des fournisseurs et des partenaires de l’entreprise existante, il faudra aussi tisser une relation de confiance et rassurer l’interlocuteur qui a été habitué à traiter avec quelqu’un d’autre par le passé.

2. Risquer d'acheter un chat dans un sac

Si le cédant remet le plus souvent son entreprise pour des raisons de départ à la retraite ou de maladie, il le réalise parfois pour des motifs d'une toute autre nature.

Ainsi, certains éléments qui n’apparaîtront pas dans la comptabilité de la société peuvent pousser le cédant à se séparer de son « bébé » : litiges en cours, mauvaise réputation sur le marché, problèmes avec les syndicats,…

La réalisation d'une « due diligence » s’avère ici primordiale. Il s'agit d'une démarche qui consiste à inventorier les éléments du patrimoine de l'entreprise ainsi que tous les risques et incertitudes auxquels elle est (ou pourrait être) confrontée. Il est vivement recommandé de se faire accompagner par un spécialiste durant cette phase-clé.

Au préalable, il est conseillé de réaliser un premier diagnostic de l’entreprise à reprendre. Celui-ci peut être réalisé grâce à une checklist de 40 points que vous (re)trouverez sur ce site.

3. Pas le droit à l'erreur...

Si on choisit de créer sa propre entreprise, on a la possibilité de se tromper, de rectifier le tir et de prendre une autre direction. Quand on reprend une activité existante, on n'a pas vraiment le droit à l’erreur. On est dans l’obligation d’être immédiatement opérationnel, sous peine de voir l'entreprise prendre l'eau très rapidement. Le repreneur doit donc avoir une parfaite connaissance de l’entreprise qu’il reprend et du secteur d’activité.

4. Le prix 

Ce qu'il faut débourser pour racheter une entreprise est généralement plus élevé que le budget nécessaire à la création d'une activité équivalente.

L’apport personnel du repreneur est souvent conséquent et peut mettre à mal sa situation financière personnelle... Sans oublier que le nouveau crédit contracté pour racheter la structure existante s’ajoutera aux dettes financières à long terme déjà présentes avant la reprise…

Il est donc très important pour le repreneur d’évaluer correctement la valeur de l’entreprise qu'il souhaite acquérir. Il existe plusieurs méthodes en ce qui concerne la valorisation d'une entreprise. Il est ici aussi vivement conseillé de faire appel à un spécialiste.

Une fois cette étape de valorisation réalisée, il convient de négocier le prix avec le cédant… Le repreneur doit bien vérifier, par le biais d'un plan financier, que le prix négocié ne mettra à mal ni sa santé financière personnelle ni celle de la société acquise.

Les possibilités de financement externe sont pour l’essentiel identiques à celles qui existent pour la création d’une entreprise.

Finalement, le repreneuriat, ça vaut la peine ou pas ?

Après cette énumération des principaux avantages et inconvénients, difficile d'affirmer qu’une reprise est préférable à une création ou inversement...

Tout dépend du projet d'entreprise, de la personnalité de l’entrepreneur, du secteur d’activité,… Généralement les personnes qui envisagent une reprise disposent déjà d’un certain capital à injecter dans la société. En tant que créateurs, on peut pour certains projets se permettre de démarrer avec très peu de fonds propres.

Dans le cas d’une reprise, il est essentiel de prendre le temps de bien analyser l’entreprise existante afin d’éviter toute mauvaise surprise. Pour cela, il est vivement conseillé de recourir à des experts dans les différentes étapes du processus de reprise (due diligence, valorisation de l’entreprise, plan financier, financements possibles,…).

Besoin d’accompagnement pour votre projet de reprise ?

Le HUB Transmission de BECI vous accompagne tout au long du processus d'acquisition (avant, pendant, après). Des experts sont là pour vous encadrer. Hub Transmission organise également régulièrement des sessions d'infos, ainsi que des rencontres entre cédants et repreneurs.

UCM Bruxelles peut également vous accompagner dans votre projet de reprise. Pour plus d'informations, n'hésitez pas à contacter Michel Englebert (02/743 83 92 ou michel.englebert@ucm.be).

Du côté de la Région wallonne, il existe les « clubs repreneurs » de la Sowaccess. Il s’agit de cycles de 8 séances de 4 heures organisés en soirée à destination des candidats repreneurs.

A la recherche d'une entreprise à remettre ?

Si vous envisagez de racheter une entreprise à Bruxelles, consultez le site PlateformedeTransmission.be. Celui-ci a été réalisé par Unizo.

Pour ailleurs, vous trouverez sur la plateforme affairesasuivre.be, créée par la Sowacess, des dizaines d'annonces concernant des petites entreprises à remettre à Bruxelles et en Wallonie.

En savoir plus sur la transmission d’entreprises ?

Vous trouverez de nombreuses informations sur la transmission d’entreprises dans la rubrique « transmettre/arrêter l’entreprise » de ce site. Si vous avez des questions, n’hésitez pas à faire appel au 1819.

Par ailleurs, soyez bien conscients des formalités administratives à réaliser si vous reprenez une entreprise. Cela vous évitera de mauvaises surprises !

Bientôt la semaine de la transmission !

La semaine de la transmission aura lieu dans les trois Régions du pays du 23 au 27 octobre prochains. 1819 est le partenaire bruxellois.  De nombreux événements seront organisés durant cette semaine. Toutes les infos se retrouvent sur cette page.

Auteur/Organisation: 
1819 - Hugues Luyckfasseel

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